Ils ont fait du chômage une chance / Sandra préfère vivre de ses rêves plutôt que de rêver sa vie 2

Assistante de direction, Sandra naviguait entre intérim et CDD. Cette instabilité l’a profondément usée. Sandra raconte comment elle a radicalement changer de vie. La suite de ses aventures. Ce qu’il faut savoir quand on se lance quand on est au chômage. Sandra, 43 ans, vit à Besançon.

« Une période de chômage peut être constructive à condition qu’elle ne soit pas subie. Il est nécessaire de faire des pauses dans sa vie professionnelle, ne serait-ce que pour vérifier si nos besoins et notre métier nous correspondent toujours. Pour que ce temps soit positif, il faut prendre le recul nécessaire pour faire le point sur ses aspirations. Pour y parvenir, il est important de déculpabiliser et de voir les choses sous un angle positif. On peut agir en faisant du bénévolat afin de se sentir utile, voyager pour s’ouvrir à d’autres cultures, se lancer dans une formation, etc. Le tout est de trouver du sens !

Comment j’ai réussi à changer ?

De mon côté, j’ai profité de cette période de chômage, ou plutôt de répit, pour m’investir dans des associations culturelles et ce qui me fait vraiment plaisir. J’ai été chargée de la communication et des relations publiques au cercle lyrique de Metz et j’écrivais des articles sur les expositions muséales de la région Grand Est. J’ai rattrapé le temps perdu en assistant à des manifestations culturelles, en dévorant de nombreux ouvrages. J’ai conçu un site internet et j’ai rédigé de nombreux dossiers ou des commentaires d’œuvres. Je m’étais également remise à la peinture que j’avais abandonnée par manque de temps. J’ai même participé à des expositions. Dans le cadre de ces nombreuses rencontres, j’ai pu me mettre en relation avec des professionnels et évoquer avec eux leur parcours et leur quotidien. Par ailleurs, j’ai effectué deux stages en médiation culturelle en qualité de guide touristique au cours de ma troisième année de licence.

Apprendre à lever les blocages

Le plus difficile est d’apprendre à se détacher du regard des autres pour mener une existence conforme à ce que nous sommes, quoi qu’en pense notre entourage. Ce qui empêche certains de passer à l’acte, c’est la honte et la culpabilité de se retrouver dans une situation considérée comme un échec cuisant, voire pire, d’être un assisté. Or les parcours sont de moins en moins linéaires et ce qui semblait atypique hier – comme la reconversion – devient légion à présent. Mais il y a aussi et surtout ces petites phrases que l’on nous a serinées dans notre jeunesse pour notre « bien ». En vérité, dépasser ses blocages n’est pas simple car changer de vie c’est partir dans l’inconnu et cela fait peur. Comme disait Sénèque, « ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas, c’est notamment parce que nous n’osons pas qu’elles sont difficiles ».

Bien se connaître

Mon expérience du monde du travail m’a considérablement aidée et m’a permis de m’adapter très rapidement à mon nouvel environnement professionnel. J’ai aussi constaté que toute expérience reste unique. Tous les individus ne fonctionnent pas de la même façon et ne font pas face aux mêmes obstacles. En revanche, si on est réellement passionné, on parvient toujours à les surmonter grâce à la motivation et aux envies qui poussent et stimulent en permanence. Il est aussi important de bien se connaître. Une formation à distance nécessite par exemple une discipline autrement plus importante qu’en présentiel. Ça ne convient pas à tout le monde. La liberté apparente qu’offre ce statut ne doit pas détourner de l’objectif poursuivi. En outre, travailler de manière autonome requiert des dispositions particulières. Il est notamment essentiel de choisir un mode d’apprentissage qui correspond à son profil. Quoi qu’il en soit, je n’ai jamais regretté mes choix. Le seul que j’ai, c’est de ne pas m’être lancée plus tôt.  »
lespassionsdesandra.com

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