Ma femme est peintre en bâtiment… et alors, où est le problème ?

Un nombre grandissant de femmes poussent la porte du secteur du bâtiment pour bâtir leur carrière, en assumant leur passion pour leur métier. Dans un secteur où 90 % des emplois sont occupés par les hommes, comment ces femmes vivent-elles leur activité professionnelle ? Surtout, assiste-t-on à une transformation du secteur de l’artisanat du bâtiment ou bien plus largement, à une évolution de la société ?Kurhan / ShutterstockMarion PolgeUniversité de MontpellierAgnès ParadasUniversité d’Avignon Caroline DebrayUniversité de MontpellierColette FourcadeUniversité de Montpellierétudechaire CoCréatec

Contourner l’obstacle physique

« Je suis censée travailler jusqu’à 73 ans, vous imaginez refaire un plafond ? »

« Il y a quand même beaucoup de manutention, déjà pour moi c’est un frein pour qu’une femme fasse ce métier. »

« Mis à part soulever des poids très lourds, une femme peut réaliser les mêmes tâches qu’un homme. »

Les métiers de la menuiserie attirent de plus en plus les femmes.
Robert Kneschke/Shutterstock

politique pro-mixité

La réponse est peut-être… nous tous

« Dès le début, mon père m’a dit que peintre n’était pas un métier pour les femmes. »

« Il faut qu’il y ait de la mixité dans tous les métiers, pas seulement dans les métiers du bâtiment. » (parole de femme)

« On ne renseigne pas correctement notre jeunesse. À mon avis, c’est volontaire. » (parole d’homme regrettant la sous-représentation féminine parmi les jeunes apprentis)

« Mais, c’est vous le menuisier ? Alors je ne veux pas de devis, un menuisier est un homme, je ne veux pas de vos services ! »

De « femme d’artisan » à « artisanes »

e« Elles sont différentes » : vision traditionnelle

« Ce sont des métiers physiques… c’est vrai que pour une femme c’est peut-être un peu compliqué. »

« La différence sur les chantiers, c’est l’organisation. Déjà, elles arrivent à l’heure à la réunion… Elles sont bien plus rigoureuses que les mecs. » (parole d’homme)

Les préjugés sont entretenus à la fois par les hommes et les femmes.
Mark Agnor/Shutterstock

« Dans la mentalité des gens, le fait de faire faire des travaux par une femme, ça les rassure sur la propreté du chantier ».

« Qu’est-ce fait une femme sur le chantier ? » : discrimination hostile

« Parfois on a l’impression, on ressent, qu’on prend une place… »

« C’est pas une femme qui va m’apprendre mon boulot. »

« Je ne suis pas sûre que j’aurais été testée si j’avais été un homme » : sur-exigence professionnelle

« Ils émettent des doutes… Ils ne font pas confiance. »

« Les hommes sont encore plus impressionnés. »

Les femmes sont-elles l’avenir du bâtiment ?

L’affichage d’une professionnalisation technique

« J’ai pas choisi ce métier là parce que c’était pour homme ; j’ai choisi ce métier là parce qu’il me plaisait. » (parole de femme)

« Quand elles disent qu’elles font quelque chose, elles le font. » (parole d’homme)

La reconnaissance professionnelle est plus difficile à obtenir pour les femmes.
Gorodenkoff/Shutterstock

« Moi, j’aime la mixité femme-homme : j’aime parce que du coup, on est meilleurs tous ensemble. » (parole d’artisan)

L’affirmation d’une capabilité, socle de la détermination entrepreneuriale

« Une femme peut rester elle-même, aller jusqu’au bout… il n’y a pas de raison. »

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