VOTRE EXPERIENCE NE VOUS SERVIRA A RIEN AILLEURS ? DETROMPEZ-VOUS !

Quand on envisage de changer de métier, on a souvent l’impression de devoir repartir de zéro. Nouveau secteur, nouveau métier, nouvelle formation : tout semble à reconstruire. Pourtant, une grande partie de ce que l’on a appris dans sa vie professionnelle peut voyager avec soi. À condition de regarder son expérience autrement. Car entre les métiers, il existe beaucoup plus de passerelles qu’on ne l’imagine.
Pexels – Cottonbro studio

« Mais je ne sais rien faire d’autre. »

C’est probablement l’une des phrases les plus fréquentes lorsqu’on commence à parler de reconversion.

On a passé dix, quinze ou vingt ans dans le même métier. On connaît ses codes, ses outils, ses contraintes. On sait ce qu’on vaut dans cet univers.

Mais ailleurs ?

Ailleurs, on ne sait pas.

Et c’est précisément là que le raisonnement peut coincer.

Parce qu’on regarde son parcours à travers son intitulé de poste.

« Je suis comptable. »

« Je suis commercial. »

« Je suis secrétaire. »

« Je suis cuisinier. »

« Je travaille dans la communication. »

Puis on cherche un autre métier et on se demande : quel rapport avec ce que je fais aujourd’hui ?

En réalité, ce n’est pas forcément le bon niveau de lecture.

Votre métier actuel n’est pas seulement un titre.

C’est une accumulation de situations dans lesquelles vous avez appris à faire des choses.

Organiser.

Convaincre.

Accueillir.

Négocier.

Résoudre un problème.

Gérer une urgence.

Expliquer quelque chose de compliqué.

Travailler avec des personnes très différentes.

Tenir un délai.

Manipuler des outils.

Coordonner plusieurs interlocuteurs.

Prendre une décision.

Et ces compétences-là ne sont pas toujours attachées à un seul métier.

Elles peuvent voyager.

Le métier change, les compétences restent

France Travail distingue notamment les compétences dites transversales ou transférables : des savoir-faire et savoir-être que l’on peut mobiliser dans plusieurs métiers, secteurs ou environnements de travail. Communication, travail en équipe, adaptation, gestion du stress, relation avec le public, encadrement, utilisation d’outils numériques ou encore capacité à répondre rapidement à une demande font partie de ces compétences qui peuvent passer d’un univers professionnel à un autre.

C’est une idée assez simple.

Mais elle change complètement la manière de chercher une nouvelle voie.

Au lieu de partir de :

« Quel métier puis-je faire après celui-ci ? »

Essayez :

« Qu’est-ce que mon métier actuel m’a appris à faire que d’autres métiers recherchent ? »

La réponse peut être beaucoup plus large.

Prenez une secrétaire

Son intitulé semble très éloigné de nombreux métiers.

Pourtant, une personne qui travaille dans le secrétariat peut avoir développé une capacité à gérer simultanément plusieurs demandes, accueillir du public, organiser des agendas, traiter des informations, rédiger, utiliser des outils numériques, prioriser les urgences et coordonner plusieurs interlocuteurs.

France Travail donne justement l’exemple d’une expérience de secrétariat pouvant ouvrir vers des fonctions où la capacité à répondre rapidement à une demande devient un atout, notamment dans le commerce ou l’action sociale.

Le passage ne se fait donc pas forcément de « secrétaire » à « autre métier administratif ».

Il peut se faire par une compétence.

Je sais gérer plusieurs demandes en même temps.

Et cette compétence peut avoir de la valeur ailleurs.

Prenez maintenant un fleuriste

À première vue, difficile d’imaginer un lien avec le métier de chargé de clientèle.

Pourtant, c’est précisément l’exemple utilisé par France Travail pour expliquer le principe des compétences transférables.

Un fleuriste peut avoir développé le sens du service, la relation client, la vente, le merchandising, la gestion d’un commerce de proximité, l’utilisation du click and collect ou de la livraison.

Autrement dit, derrière « fleuriste », il y a beaucoup d’autres choses que des fleurs.

Et certaines de ces choses intéressent directement d’autres métiers.

C’est souvent là que se cache la passerelle.

Vous n’avez peut-être pas le bon vocabulaire pour parler de votre expérience

C’est un autre piège.

Vous dites :

« Je faisais les plannings. »

Mais un recruteur peut entendre :

organisation, coordination, gestion des priorités, anticipation.

Vous dites :

« Je gérais les clients difficiles. »

Il peut entendre :

écoute, négociation, gestion des conflits, maîtrise de soi.

Vous dites :

« Je formais les nouveaux. »

Il peut entendre :

transmission, pédagogie, accompagnement, communication.

Vous dites :

« Je devais résoudre les problèmes au dernier moment. »

Il peut entendre :

réactivité, autonomie, capacité d’adaptation, gestion du stress.

Le travail de reconversion consiste donc aussi à traduire son expérience.

Non pas à la maquiller.

À la rendre lisible dans un autre univers.

Et parfois, les passerelles sont franchement inattendues

Vous avez travaillé dans la restauration ?

Vous avez probablement appris à travailler sous pression, à gérer des imprévus, à respecter des procédures, à accueillir des publics différents et à travailler en équipe dans des conditions parfois tendues.

Vous avez été commercial ?

Vous savez prospecter, écouter, argumenter, négocier, fidéliser et comprendre les besoins d’un client.

Vous avez travaillé dans l’enseignement ?

Vous avez de l’expérience dans la transmission, l’animation d’un groupe, la préparation, l’évaluation et l’adaptation de votre discours à des personnes différentes.

Vous avez travaillé dans l’informatique ?

Votre capacité à résoudre des problèmes, analyser une situation, apprendre de nouveaux outils et expliquer des sujets techniques peut avoir de la valeur bien au-delà de votre domaine initial.

Vous avez travaillé dans l’hôtellerie ?

Accueil, langues, gestion des imprévus, coordination, sens du service, organisation : autant de compétences susceptibles de se retrouver dans d’autres secteurs.

Le point commun n’est pas le métier.

C’est ce que vous avez appris à faire en l’exerçant.

Pour aller plus loin, vous pouvez aussi consulter notre article sur les compétences à mettre en avant lors d’une reconversion, qui aide à transformer une expérience en arguments concrets pour un nouveau projet.

Et il n’y a pas que le travail

C’est peut-être encore plus intéressant.

Votre expérience professionnelle n’est pas votre seule réserve de compétences.

France Travail recommande également de regarder les expériences personnelles, les loisirs, les activités associatives ou bénévoles. Elles peuvent elles aussi avoir permis de développer des compétences mobilisables professionnellement.

Vous êtes trésorier d’une association ?

Vous gérez un budget.

Vous organisez une course ou un festival ?

Vous coordonnez des personnes, des prestataires et des contraintes.

Vous entraînez une équipe sportive ?

Vous animez un collectif, motivez, planifiez.

Vous restaurez une vieille maison ?

Vous avez appris à chercher des solutions, comparer des devis, coordonner des artisans, gérer un budget et suivre un chantier.

Cela ne signifie évidemment pas que ces expériences vous donnent automatiquement accès à un nouveau métier.

Mais elles peuvent enrichir votre profil.

Et parfois faire apparaître une piste que vous n’aviez jamais envisagée.

Si vous avez du mal à identifier vos points forts, notre guide sur la manière de faire le bilan de ses compétences peut vous aider à structurer cette réflexion.

Et il n’y a pas que le travail

C’est peut-être encore plus intéressant.

Votre expérience professionnelle n’est pas votre seule réserve de compétences.

France Travail recommande également de regarder les expériences personnelles, les loisirs, les activités associatives ou bénévoles. Elles peuvent elles aussi avoir permis de développer des compétences mobilisables professionnellement.

Vous êtes trésorier d’une association ?

Vous gérez un budget.

Vous organisez une course ou un festival ?

Vous coordonnez des personnes, des prestataires et des contraintes.

Vous entraînez une équipe sportive ?

Vous animez un collectif, motivez, planifiez.

Vous restaurez une vieille maison ?

Vous avez appris à chercher des solutions, comparer des devis, coordonner des artisans, gérer un budget et suivre un chantier.

Cela ne signifie évidemment pas que ces expériences vous donnent automatiquement accès à un nouveau métier.

Mais elles peuvent enrichir votre profil.

Et parfois faire apparaître une piste que vous n’aviez jamais envisagée.

Le marché peut aussi vous aider à trouver la passerelle

C’est là que la démarche devient intéressante : il ne s’agit pas seulement de faire une liste de tout ce que vous savez faire.

Il faut croiser vos compétences avec les besoins du marché.

France Travail propose pour cela MétierScope, qui permet d’explorer les métiers, leurs compétences, leurs formations, leurs conditions de travail et leurs perspectives d’emploi. L’outil permet également de découvrir des métiers proches mobilisant des compétences similaires.

Son service expérimental « Changer de métier » va encore plus loin : après avoir renseigné ses expériences et ses préférences, on obtient des pistes de métiers en fonction des compétences déjà maîtrisées, avec la possibilité de voir celles qui restent à développer.

C’est exactement la logique qu’il faut adopter :

ne pas chercher seulement un métier. Chercher une correspondance.

Avant de vous lancer, vous pouvez également lire notre article consacré aux questions à se poser avant de changer de métier, afin de vérifier que la piste envisagée correspond bien à vos envies et à vos contraintes.

Une passerelle ne veut pas dire qu’il ne vous manque rien

Attention toutefois à un malentendu.

Dire que les compétences sont transférables ne signifie pas que l’on peut passer de n’importe quel métier à n’importe quel autre sans apprendre.

Il peut manquer une qualification.

Une compétence technique.

Une certification.

Une connaissance réglementaire.

Une expérience spécifique.

Et c’est très bien.

Parce que le but n’est pas de prétendre que vous êtes déjà prêt.

Le but est de savoir ce que vous avez déjà dans votre sac et ce qu’il vous faut encore acquérir.

C’est une différence considérable.

Si vous partez de zéro, vous cherchez une formation qui vous apprendra tout.

Si vous avez déjà une partie des compétences, vous pouvez chercher la formation ou l’expérience complémentaire qui fera le pont.

Pour identifier cette étape, notre article sur le financement d’une reconversion professionnelle peut aussi vous être utile.

Comment construire votre propre passerelle ?

Prenez une feuille.

Et écrivez au milieu :

CE QUE JE SAIS FAIRE

Pas vos diplômes.

Pas vos intitulés de poste.

Des verbes.

Organiser.

Convaincre.

Écouter.

Vendre.

Écrire.

Réparer.

Analyser.

Expliquer.

Coordonner.

Accueillir.

Décider.

Créer.

Former.

Négocier.

Puis demandez-vous :

OÙ EST-CE QUE CES COMPÉTENCES SONT RECHERCHÉES ?

C’est là que la recherche devient beaucoup plus amusante.

Vous pourriez découvrir que votre expérience ouvre sur des métiers auxquels vous n’aviez jamais pensé.

Et surtout, vous pouvez aller vérifier.

Regarder les offres d’emploi.

Lire les fiches métiers.

Comparer les compétences demandées.

Identifier celles que vous possédez.

Celles que vous devez acquérir.

Et celles qui ne vous intéressent absolument pas.

Le meilleur moyen de vérifier : aller voir

Une passerelle imaginée sur un écran reste une hypothèse.

Une rencontre avec quelqu’un qui exerce le métier vaut beaucoup plus.

Une immersion, encore davantage.

France Travail permet notamment de réaliser une immersion professionnelle de 1 jour à 1 mois, pour découvrir un métier ou un secteur, observer les conditions réelles de travail et confronter son projet à la réalité.

C’est une étape particulièrement intéressante pour une reconversion par passerelle.

Vous pensez que votre expérience pourrait avoir du sens dans ce métier ?

Allez voir.

Vous verrez peut-être que oui.

Ou que non.

Ou que oui, mais pas exactement comme vous le pensiez.

Dans les trois cas, vous aurez avancé.

Et si votre prochaine vie professionnelle commençait par ce que vous savez déjà faire ?

On parle beaucoup de reconversion comme d’un nouveau départ.

C’est parfois vrai.

Mais ce n’est pas toujours la meilleure image.

Parce qu’elle donne l’impression qu’il faut effacer ce qui précède.

Or une expérience professionnelle laisse des traces : des compétences, des réflexes, des méthodes, des connaissances, une façon de travailler, une compréhension des autres.

Tout cela a une valeur.

La question n’est donc peut-être pas :

« Qu’est-ce que je pourrais faire à la place de mon métier ? »

Mais :

« Où pourrais-je emmener ce que j’ai appris ? »

C’est une question beaucoup plus ouverte.

Et parfois, elle suffit à faire apparaître une porte que l’on ne voyait pas.


🧭 LE PETIT PAS TPC

Cette semaine, ne cherchez pas un nouveau métier.

Cherchez trois compétences que votre métier actuel vous a réellement apprises.

Puis prenez chacune d’elles et tapez-la dans une recherche de métiers.

Regardez les résultats.

Repérez un métier qui vous surprend.

Puis allez vérifier :

→ quelles compétences sont demandées ;

→ lesquelles vous possédez déjà ;

→ lesquelles vous devez acquérir ;

→ si le métier recrute ;

→ et comment vous pourriez aller rencontrer quelqu’un qui l’exerce.

Vous n’avez toujours pas trouvé votre nouvelle voie ?

Ce n’est pas grave.

Vous venez peut-être simplement de découvrir que votre expérience est beaucoup plus mobile que vous ne le pensiez.

Et c’est déjà une très bonne nouvelle.

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