Bruno, ingénieur devenu sage-femme (1)

BrunoC’est une histoire, du moins pour le début, dans laquelle beaucoup se reconnaîtront : Bruno, quadra, a fait partie des élèves suffisamment bons pour intégrer les meilleures filières, sans jamais se demander si ce parcours répondait à ses envies. Jusqu’au jour où… Il le précise dès le début : « Je me suis laissé porter par les événements. Quand on ne marche pas trop mal, on nous dit « Tu vas faire un bac C et tu verras après » Va pour un Bac C* ! Tout le monde le lui recommande, et puis cela satisfait son père. Après ce bac scientifique il a le niveau pour intégrer une prépa ? Alors va pour une prépa ! « Ensuite je n’ai pas visé une école en particulier, j’ai choisi un lieu : je voulais vivre à Grenoble, et comme j’ai eu le concours hydraulique de l’école d’ingénieur dans cette ville, j’y suis allé. De toutes manières, la filière m’importait peu : les métiers à la sortie n’étaient pas concrets pour moi. » Au bout de ses cinq années d’études, Bruno débarque sur le marché du travail : « Et puis on y est, les dés sont jetés, j’étais ingénieur hydraulicien ! »

Oser admettre son envie d’autres horizons

Quatre ou cinq années s’écoulent avant qu’il n’envisage la possibilité d’une reconversion. « Au départ je voyais surtout les avantages, le confort, le salaire, l’autonomie. Et puis de moins en moins, j’avais l’impression qu’à la place de vendre une prestation de conseil, j’aurais pu vendre des parapluies, tant que je rapportais de l’argent à mon employeur, il était content. Mais on se dit « j’ai quand même fait cinq ans d’études, j’ai un diplôme », je ne pouvais pas tout lâcher comme ça. « L’idée de changer de métier s’installe dans son esprit sans qu’il franchisse le pas pour autant, difficile de bousculer une vie installée, et pour quoi d’ailleurs ?
« Il fallait que je trouve un métier vraiment motivant pour me convaincre de quitter celui d’ingénieur. » Dans un premier temps il pense à l’apiculture, sa passion. Bruno vend du miel à titre d’amateur, il fait les démarches pour obtenir des subventions et lancer son activité. Mais à un moment donné, il sent qu’il fait fausse route.

Trouver sa voie professionnelle… et la bonne

« Cette première piste m’a vraiment obligé à me poser pour choisir un métier. » Il commence alors par identifier ce qu’il aime dans son quotidien professionnel, ce qui lui manque, et ce qu’il veut éviter à tout prix dorénavant. Cette phase lui permet de déterminer qu’il est à la recherche d’un métier concret, tourné vers l’humain, valorisant et donc utile. C’est en discutant avec une amie médecin que Bruno pense au médical. « Je ne voulais pas travailler avec des malades pour autant. J’ai plutôt pensé à kinésithérapeute ou sage-femme. « Et grâce à une amie, il peut passer une journée dans la salle d’accouchement d’un hôpital : riche en sensations ! « Cela m’a fait deux choses : la première, j’ai failli m’évanouir. La seconde : je me suis éclaté ! » Sa voie était trouvée, restait à mettre en œuvre le changement après avoir été ingénieur pendant 10 ans. Une étape pas forcément évidente, mais il assure que « tout est possible une fois que la motivation est là. »

Marjolaine Koch

À suivre
C’est décidé, Bruno veut devenir sage-femme. Il ne reste plus qu’à concrétiser son objectif. Il passe à l’action, mais comment ? Suite de son récit exemplaire sur votre site toutpourchanger.com.

*Bac S aujourd’hui

4 Comments

  1. Maryem
    • Anne-Sophie
      • maryem
  2. Anne-Sophie Bouteiller

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