Rémi Boyer a lancé l’association apresprof.org, le portail francophone des professeurs en quête d’une seconde carrière: apresprof.org. Il nous raconte pourquoi et comment il a créé l’association. Suivez le fil de la réalisation d’un projet avec ses hauts et ses bas.Un nouveau métierUn projet inéditAccompagner les autresCréation de l’associationwww.apresprof.org
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« Une nouvelle étape de ma carrière »
22 octobre 2009
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Merci chère professeure d’anglais. Votre témoignage illustre parfaitement ce que vivent un grand nombre de vos collègues et les poussent à se poser la question d’un autre avenir professionnel. Bien sûr, chaque prof en questionnement quant à sa carrière n’a pas forcément connu ce genre de situation. Heureusement. Tenez-nous au courant de l’avancée de vos projets.
J’ai été agressée par un élève en 2004, il m’a traitée de « salope » le jour du dernier conseil de classe. Pendant le conseil, j’en ai parlé aux équipes pédagogiques. Le lendemain, j’étais agressée par un élève mandaté par celui qui m’avait insultée. Pour tout soutien de l’Education nationale, je n’ai reçu qu’une lettre me disant : « Appelez notre cellule d’aide psychologique, si vous le souhaitez. » Je ne l’ai pas fait. Légèrement blessée à l’oeil, vite remise physiquement, mais complètement traumatisée, j’ai continué à enseigner un an, dans un autre établissement car j’avais demandé ma mutation. Cette nouvelle année scolaire a été encore plus difficile que la précédente : j’ai travaillé dans la peur permanente, ayant perdu toute motivation et ne me confiant à personne sur ce qui m’était arrivé l’année précédente, de peur d’être mal perçue. La chef d’établissement, bien sûr, le savait. Au bout de cette année, j’ai décidé de financer mon bilan de compétences pour essayer d’envisager autre chose. Ma motivation pour l’enseignement s’amenuisait et ma chef d’établissement m’a dit en entretien de fin d’année : « Si j’étais vous, j’irais faire autre chose », alors que j’étais simplement venue lui demander ma propre salle pour l’année suivante. Je l’ai prise au mot, je ne suis pas revenue, il restait 3 semaines de cours. J’ai demandé un reclassement, on me l’a refusé mais proposé une dispo. J’ai réussi à rebondir, heureusement, mais si j’avais connu l’association Aide aux profs, j’aurais gagné beaucoup en temps et en soutien ! Je les contacterai d’ailleurs un jour pour avoir des infos !