ET SI LE PROBLÈME N’ÉTAIT PAS VOTRE MÉTIER, MAIS VOTRE FAÇON DE TRAVAILLER ?

Vous n’en pouvez plus de votre travail. Vous pensez à changer de métier, voire à tout quitter. Mais avez-vous identifié ce qui vous pèse réellement ? Car parfois, ce n’est pas le métier qui ne convient plus. C’est la manière dont vous l’exercez.
Pexels – Mizuno K

 

Il y a une phrase qui peut être un signal d’alarme :

« Je ne peux plus continuer comme ça. »

On l’entend lorsqu’on est épuisé, lorsqu’on s’ennuie, lorsqu’on ne supporte plus son entreprise ou lorsque l’on a l’impression de passer à côté de sa vie professionnelle.

Et la conclusion arrive souvent très vite :

« Il faut que je change de métier. »

C’est parfois exactement la bonne décision.

Mais pas toujours.

Parce qu’un même métier peut être exercé dans des environnements très différents.

Avec plus ou moins d’autonomie.

Avec des horaires très différents.

Avec davantage ou moins de responsabilités.

Dans une grande entreprise, une petite structure ou à son compte.

Avec du télétravail ou cinq jours par semaine au bureau.

Avec un manager qui fait confiance… ou qui contrôle chaque détail.

Avec une équipe dans laquelle on se sent bien… ou dans laquelle on passe ses journées à gérer des tensions.

Avant de changer de métier, il peut donc être utile de se demander si l’on veut réellement changer de métier — ou simplement changer sa manière de travailler.


1. Qu’est-ce qui vous épuise exactement ?

Commencez par une expérience très simple.

Pendant une semaine, notez les moments où vous vous dites :

« Je n’en peux plus. »

Est-ce lorsque vous ouvrez votre boîte mail ?

Lorsque votre réunion commence ?

Quand votre responsable vous sollicite ?

Quand vous devez prendre les transports ?

Quand vous faites une tâche répétitive ?

Lorsque vous devez travailler seul ?

Lorsque vous êtes interrompu toutes les dix minutes ?

Ou lorsque vous quittez le bureau à 19 h 30 ?

Le détail est important.

Parce que « je déteste mon travail » est une conclusion.

« Je déteste passer mes journées en réunion » est déjà un diagnostic beaucoup plus précis.


2. Est-ce le métier ou l’environnement ?

Imaginez une expérience fictive.

Demain matin, vous gardez exactement le même métier.

Mais vous changez :

  • d’entreprise ;
  • de manager ;
  • d’équipe ;
  • d’horaires ;
  • de lieu de travail ;
  • de niveau d’autonomie ;
  • ou de mode d’organisation.

Est-ce que vous auriez toujours envie de partir ?

Si la réponse est oui, votre problème est peut-être réellement lié au métier.

Si vous sentez immédiatement un soulagement à l’idée de garder votre métier dans de meilleures conditions, cela mérite d’être creusé.

Car quitter un métier que vous aimez à cause d’un environnement de travail qui vous convient mal peut conduire à une reconversion… alors que le problème était ailleurs.


3. De quoi avez-vous besoin pour bien travailler ?

On parle beaucoup de métiers qui ont du sens.

Mais on parle moins de conditions de travail qui ont du sens pour soi.

Vous avez peut-être besoin :

→ d’autonomie ;

→ de contacts avec d’autres personnes ;

→ de calme ;

→ de mouvement ;

→ de télétravail ;

→ d’horaires réguliers ;

→ de souplesse ;

→ de responsabilités ;

→ de stabilité ;

→ ou au contraire de variété.

Deux personnes peuvent exercer exactement le même métier et vivre deux expériences professionnelles complètement différentes.

La question TPC

Dans quelles conditions ai-je le sentiment de bien travailler ?

La réponse peut être plus révélatrice que le nom du métier.


4. Votre problème est-il vraiment professionnel ?

C’est une question délicate.

Un changement de travail peut parfois être envisagé comme une solution à une fatigue qui vient aussi d’ailleurs.

Manque de sommeil.

Temps de transport.

Charge familiale.

Difficultés personnelles.

Besoin de repos.

Période de transition.

Quand tout devient trop lourd, le travail peut devenir le symbole de tout ce qui ne va plus.

Cela ne signifie évidemment pas que le problème professionnel n’existe pas.

Mais avant de prendre une décision importante, il peut être utile de distinguer :

ce qui relève du métier,

ce qui relève de l’organisation du travail,

et ce qui relève de votre situation personnelle.

Cette distinction n’est pas toujours simple.

Mais elle peut éviter de prendre une décision irréversible pour résoudre un problème temporaire.


5. Avez-vous déjà essayé de modifier votre façon de travailler ?

Avant de tout changer, avez-vous testé les changements plus modestes ?

Demander davantage de télétravail.

Changer de poste en interne.

Modifier vos horaires.

Réduire certaines tâches.

Prendre davantage de responsabilités.

En déléguer certaines.

Changer d’équipe.

Changer de manager.

Négocier une nouvelle organisation.

Certaines de ces possibilités ne sont évidemment pas accessibles à tout le monde.

Mais la question mérite d’être posée :

Qu’est-ce que je pourrais changer sans changer de métier ?

Et parfois, la réponse est étonnamment longue.


6. Et si vous changiez d’employeur plutôt que de métier ?

C’est une piste que l’on oublie facilement.

Parce qu’après plusieurs années dans une même entreprise, on peut finir par confondre :

son métier

et

la façon dont son entreprise fait vivre ce métier.

Un commercial n’exerce pas son métier de la même manière dans une start-up, un grand groupe ou une petite entreprise.

Un enseignant ne vit pas le même quotidien selon son établissement.

Un journaliste ne travaille pas de la même manière selon la rédaction.

Un comptable peut avoir des journées très différentes selon son organisation.

Changer d’employeur peut parfois produire un changement de vie professionnel beaucoup plus important qu’on ne l’imagine.

Avant de conclure à la reconversion, il peut donc être utile de se demander si vous êtes simplement prêt à chercher un nouveau job.


7. Si vous changiez de métier demain, qu’est-ce que vous voudriez retrouver ?

C’est peut-être la question la plus utile.

Imaginez que vous ayez déjà changé de métier.

Qu’est-ce que vous voudriez absolument retrouver dans votre nouvelle vie professionnelle ?

Plus de liberté ?

Moins de réunions ?

Des horaires fixes ?

Du contact humain ?

Du travail manuel ?

Davantage de télétravail ?

Une petite équipe ?

Plus de responsabilités ?

Moins de pression ?

Davantage de sens ?

Notez vos cinq réponses.

Puis demandez-vous :

Est-ce que je cherche un nouveau métier… ou une nouvelle manière de travailler ?

Vous pourriez découvrir que votre véritable projet n’est pas :

« Je veux devenir autre chose. »

Mais :

« Je veux travailler autrement. »


LE PIÈGE À ÉVITER

Changer de métier sans changer ce qui vous faisait souffrir.

C’est le paradoxe.

Vous quittez votre emploi parce que vous ne supportez plus les réunions.

Vous vous reconvertissez.

Et vous découvrez que votre nouveau métier comporte encore davantage de réunions.

Vous quittez votre entreprise parce que vous manquez d’autonomie.

Vous changez de secteur.

Et vous retrouvez une organisation très hiérarchique.

Vous quittez votre poste parce que vous êtes épuisé par les horaires.

Vous choisissez un nouveau métier qui exige des horaires encore plus contraignants.

Un nouveau métier ne garantit pas une nouvelle façon de travailler.

C’est pourquoi il faut identifier vos irritants avant de construire votre projet.


LE PETIT EXERCICE TPC

Prenez une feuille et faites deux colonnes.

CE QUE JE N’EN PEUX PLUS DE FAIRE

Notez tout ce qui vous pèse aujourd’hui.

Réunions.

Transports.

Bureau.

Écrans.

Management.

Horaires.

Clients.

Solitude.

Bruit.

Pression.

Tâches répétitives.

Puis, dans la deuxième colonne :

CE QUE JE VOUDRAIS À LA PLACE

Par exemple :

Moins de réunions → davantage de temps seul pour travailler

Deux heures de transport → moins de trente minutes

Manager qui contrôle → davantage d’autonomie

Travail assis → davantage de mouvement

Grande équipe → petite équipe

Horaires imprévisibles → horaires réguliers

Vous commencez alors à obtenir un cahier des charges de votre vie professionnelle idéale.

Et ce cahier des charges peut devenir beaucoup plus utile qu’une simple liste de métiers.


AVANT DE CHANGER DE MÉTIER

Posez-vous ces questions :

□ Je sais précisément ce qui me pèse aujourd’hui.

□ J’ai distingué ce qui relève du métier et ce qui relève de mon entreprise.

□ Je sais dans quelles conditions je travaille le mieux.

□ J’ai identifié ce que je voudrais absolument retrouver demain.

□ J’ai envisagé la possibilité de changer de poste ou d’employeur.

□ J’ai regardé ce que je pourrais modifier dans mon organisation actuelle.

□ Je sais ce que je ne veux surtout pas retrouver dans mon prochain travail.

□ J’ai vérifié que le métier que j’envisage correspond réellement à mes attentes.


ET SI VOUS N’AVIEZ PAS BESOIN DE CHANGER DE MÉTIER ?

C’est peut-être la bonne nouvelle.

Votre envie de changement est réelle.

Mais elle ne signifie pas forcément que vous devez repartir de zéro.

Vous avez peut-être besoin de :

changer d’entreprise.

Changer de poste.

Changer d’équipe.

Négocier votre organisation.

Travailler davantage à distance.

Réduire votre temps de transport.

Devenir indépendant.

Ou simplement retrouver des conditions de travail compatibles avec la vie que vous voulez mener.

Et parfois, c’est en répondant à ces questions que vous découvrez que votre métier n’est pas le problème.

C’est la façon dont vous êtes en train de l’exercer.

Si le doute demeure, l’étape suivante n’est pas forcément de démissionner : vous pouvez d’abord chercher à comprendre quel métier ou quelle direction professionnelle pourrait réellement vous convenir.


ET MAINTENANT ?

Avant de chercher un nouveau métier, commencez peut-être par écrire votre cahier des charges professionnel.

Trois choses que vous voulez absolument.

Trois choses que vous ne voulez plus.

Et trois choses que vous êtes prêt à accepter comme compromis.

Vous aurez alors quelque chose de beaucoup plus précieux qu’une liste de métiers :

une idée plus claire de la vie professionnelle que vous cherchez à construire.

Et si votre métier actuel ne peut pas vous l’offrir ?

Alors oui.

Il sera peut-être temps d’en changer.

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