Père Noël : le seul métier d’homme au monde ?

Ce n’est pas parce qu’il est presque impossible pour une femme de devenir Père Noël, qu’elle ne peut pas aspirer à un métier du bâtiment ou des travaux publics. La preuve par l’exemple canadien.
Photo by Sarah Pflug from Burst

Chercher un job de Père Noël, c’est avant tout une histoire de physique. Difficile en effet d’enfiler la tenue rouge et blanche d’un bon vivant à la joue rose quand la bedaine fait défaut. Encore plus difficile quand on est une femme. Question de silhouette.

Ni Père ni Mère Noël

Imaginez-vous devant un grand magasin, sans barbe ni gros sourcil, avec pour seul atour justifiant de votre rôle, un bonnet à gros pompon et un grand manteau sur le dos. Même si vous ne craignez pas le froid et que vous êtes douée avec les enfants, il y a fort à parier que vous ne passerez pas l’épreuve du recrutement. Aucune enseigne ne courrait le risque de se voir accusée de remettre en cause une telle légende. Et Mère Noël alors ? Un petit tour sur le web devrait vous en dissuader vite fait. Faites l’expérience, tapez « Mère Noël » sur votre moteur de recherche et observez le résultat : une liste infinie de sites plus ou moins coquins. Passons notre chemin.

Au Canada, elles le font

Dommage car même si Père Noël est un job saisonnier, il offre quelques pistes sérieuses de débouchés, qui restent toutefois grandement anecdotiques par rapport aux nombres de postes vers lesquels les femmes n’osent pas s’orienter. Ainsi évoluer sur un chantier, utiliser des machines ou conduire des équipements lourds ne pose aucun problème aux femmes, je l’ai constaté. Lors d’un reportage au Québec, j’ai été frappé de voir un grand nombre de femmes non pas couvertes d’un bonnet de Père Noël mais d’un casque, œuvrer sur des chantiers du bâtiment ou des travaux publics. En tout cas, bien plus qu’en France. Sur les routes, les femmes bitument les voies. Sur les remparts de la ville de Québec, c’est une cheffe de chantier qui donne des instructions à son équipe. Plus loin, une jeune femme porte à bout de bras les éléments qui composent la future charpente. Au centre de Montréal, elles s’activent à la piétonnisation du centre. Et rien de tout cela ne semble exceptionnel.

Plus d’excuse

En France, on explique souvent l’absence des femmes à ces postes par un manque de motivation ou une inadaptation aux tâches à réaliser. La preuve par l’exemple qu’il n’en n’est rien. On le savait déjà puisque les femmes ont eu maintes occasions de prouver au cours de l’histoire leur capacité à exercer des tâches considérées comme traditionnellement masculines. En regardant autour de nous, on sait à présent qu’il n’est pas nécessaire d’attendre une période de crise pour que les femmes accèdent à ce type de postes. Les actions menées au Canada en faveur de l’accès des femmes aux métiers physiques ou techniques, source de nombreux débouchés et de rémunérations supérieures, portent leurs fruits. Un exemple à suivre donc. Allez… on peut toujours croire au Père Noël !

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