Ils ont fait du chômage une chance / Marjorie a trouvé sa voie

« Diplômée d’une école d’histoire de l’art et communication culturelle, à la sortie de mes études, j’ai connu une première période de chômage entrecoupée de petits jobs. Puis j’ai décroché un CDD d’un an dans le domaine de la culture. A la fin de mon contrat, je me suis à nouveau retrouvée au chômage pendant une courte période avant d’intégrer une agence de photographes en CDI. J’étais assistante de production photographique et agente de photographe. C’est l’année de mes 30 ans, que tout a basculé. » Marjorie, 39 ans, en couple, 1 enfant en bas âge, Paris du site dessinemoiunecarriere.com.

« Ma passion pour la photo m’avait conduite vers ce métier. Il ne me faisait plus vibrer. Je ne trouvais plus d’intérêt à mon poste, les relations internes étaient tendues et je souhaitais partir pour m’extraire de cette situation émotionnellement et psychologiquement difficile. J’ai même vécu un bref arrêt de travail pour cause d’anxiété. J’avais de plus en plus de mal à trouver un sens à ce que je faisais et les effets sur mon moral commençaient à se faire sentir. J’étais complètement paumée et j’avais perdu l’envie de travailler. Devais-je simplement changer de job ou plus radicalement de métier ? Je ne savais pas. Les journées passaient et mes questionnements se bousculaient mais restaient sans réponse : comment y arriver ? A qui m’adresser ? Devais-je continuer dans la photo même si je n’aimais plus ce métier ? Quand le week-end arrivait, je respirais deux jours durant avant de stresser à nouveau le dimanche soir. Je voulais que ça change mais je ne savais pas par quoi commencer.

Vive la liberté !

J’ai entamé un bilan de compétences très révélateur qui m’a donné des clés pour la suite. Le premier bénéfice a été de comprendre comment j’avais mis en place mon parcours, et donc de prendre conscience de l’origine de mes choix jusque-là. En réalité, je n’avais jamais choisi. Élève brillante, j’avais progressé au cours de ma scolarité sans oser affirmer mes envies. Je m’étais retrouvée dans une section qui ne me correspondait pas, tout en continuant d’apprendre gentiment et à obtenir de bons résultats… Le second bénéfice du bilan a été de découvrir mon goût prononcé pour la psychologie et le développement personnel – je n’osais pas me l’avouer avant. J’avais envie d’aider les autres à trouver leur voie grâce à un accompagnement personnalisé efficace. Suite à cette révélation, j’ai vécu une période de soulagement et d’excitation stimulante. Moins de six mois plus tard, j’ai quitté mon entreprise. Après trois ans et demi de contrat, la collaboration s’est soldée par une rupture conventionnelle à mon initiative. Vive la liberté !

Félicitations du Jury

J’ai enchainé avec un CDD de six mois dans une autre agence puis je me suis retrouvée au chômage pendant deux ans. Au cours de cette période, j’ai suivi une formation d’un an à l’Université Paris 8 afin de me préparer à exercer mon nouveau métier. Mon projet était de devenir consultante en bilan de compétences. Pour cela, j’ai obtenu toutes les informations sur Internet et via le site du Fongecif. J’avais une volonté de fer et une forte détermination. Le seul obstacle que j’ai rencontré a été le refus de financement de la formation malgré un recours. Incompréhension, déception : le coup a été difficile à encaisser. J’ai toutefois réussi à réunir les 4 500 euros nécessaires grâce à un apport personnel et le soutien de ma famille. Je ne remercierai jamais assez ma famille et mon compagnon qui m’ont permis d’aller au bout de mon projet. Je suis même sortie dans le peloton de tête de la promotion avec félicitations du Jury pour le mémoire !

A mon compte

C’est aussi pendant ma période de chômage que j’ai posé les premières bases de ma boîte. Après quelques mois de salariat en tant que conseillère emploi dans un organisme de formation afin de consolider mon expérience, je me suis mise à mon compte. J’ai lancé Dessine-moi une Carrière. J’accompagne les femmes dans le cadre de leur reconversion. J’avais enfin trouvé ma voie. En outre, l’entreprenariat a été pour moi le moyen de vivre un contexte de liberté et sans hiérarchie. Sur mon blog, je mets en ligne des articles ou des vidéos sur la reconversion et l’entreprenariat. Je savais déjà que je voulais axer mon activité sur le net. Tous mes accompagnements se font par le biais de Skype et j’ai des clientes dans le monde entier. Sur ce créneau un peu pointu, je n’ai trouvé aucune institution spécialisée dans la création d’entreprise capable de m’aider. Tout ce que j’ai visité ou repéré était trop classique. Je me suis donc tournée vers une business coach basée en Amérique du Nord.

Le monde est à moi

J’ai aussi repéré ma coach et le moyen de m’auto-former en suivant des mentors du marketing sur le web. Il ne faut pas trop écouter les autres, famille, entourage, amis ou institutions, surtout quand ils ne sont pas passés par une reconversion ou par l’entreprenariat, car ils projettent leurs propres peurs sur votre projet. Aujourd’hui, j’apprécie la liberté de décider de mon temps et de travailler de chez moi. Je suis heureuse d’avoir réussi à construire une façon d’exercer un métier qui n’existait pas ou peu il y a encore quelques années. C’est la magie d’Internet et des nouveaux moyens de communication qui m’ont permis d’être en connexion avec le monde entier. »

 

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  1. Nana

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